Pourquoi mon enfant comprend les maths à l’école… mais oublie tout à l – Mon-Tuteur.ca

Pourquoi mon enfant comprend les maths à l’école… mais oublie tout à la maison?

Posted by Pénélope Venskus on

Pourquoi mon enfant comprend les maths à l’école… mais oublie tout à la maison?

Votre enfant revient de l’école en vous disant que les mathématiques se sont bien passées.

Il a compris l’explication de l’enseignant. Il a suivi les exemples au tableau. Peut-être a-t-il même réussi quelques exercices en classe.

Puis arrive le moment des devoirs.

Devant son cahier, c’est comme si tout avait disparu.

« Je ne sais plus quoi faire. »
« Je comprends rien. »
« Je ne me souviens plus de la méthode. »

Et vous vous posez probablement la même question que de nombreux parents :

Comment mon enfant peut-il comprendre les mathématiques à l’école et sembler avoir tout oublié quelques heures plus tard?

La bonne nouvelle, c’est que cette situation est beaucoup plus fréquente qu’on pourrait le croire. Et surtout, elle ne signifie pas nécessairement que votre enfant n’est pas bon en mathématiques, qu’il n’a pas écouté en classe ou qu’il manque d’efforts.

Souvent, il existe simplement un écart entre comprendre une explication lorsqu’elle est présentée et être capable de retrouver seul les connaissances et de les utiliser dans un nouvel exercice.

C’est précisément cet écart qui peut transformer un devoir de 15 minutes en une heure de frustration à la table de la cuisine.

Réponse courte : pourquoi mon enfant comprend-il à l’école, mais bloque-t-il à la maison?

Parce qu’en classe, votre enfant bénéficie d’un contexte qui l’aide à réfléchir : les explications de l’enseignant, les exemples, les questions posées et parfois le soutien de ses camarades.

À la maison, il doit retrouver seul la notion, comprendre la question, choisir une stratégie et organiser sa démarche.

Il n’a donc pas nécessairement tout oublié. Il n’a peut-être simplement pas encore développé suffisamment d’autonomie pour retrouver seul ce qu’il vient d’apprendre.

Le Programme de formation de l’école québécoise rappelle d’ailleurs que la résolution d’une situation-problème demande à l’élève de décoder l’information, de choisir ou de construire une stratégie, d’élaborer une solution et de la valider. Les mathématiques ne consistent donc pas uniquement à mémoriser une formule ou une procédure.

Comprendre une explication n’est pas toujours la même chose que savoir refaire seul

Imaginez que vous regardiez quelqu’un monter un meuble.

Pendant qu’il travaille, tout vous semble logique.

« Ah oui, évidemment, cette pièce va ici. »

Vous comprenez chacune des étapes au fur et à mesure.

Mais si cette personne quittait ensuite la pièce en vous laissant seule devant les morceaux, les vis et les instructions, pourriez-vous nécessairement refaire tout le montage sans aide?

En mathématiques, le même phénomène peut se produire.

En classe, l’enseignant explique une notion. Il donne un exemple. Il montre les différentes étapes.

L’élève suit le raisonnement et se dit sincèrement :

« Oui, je comprends. »

Puis, quelques heures plus tard, il doit résoudre un exercice différent.

Cette fois, personne ne lui indique par quoi commencer.

Il doit lui-même :

  • comprendre ce qu’on lui demande;
  • repérer les informations importantes;
  • déterminer la notion mathématique à utiliser;
  • choisir une stratégie;
  • effectuer les calculs;
  • vérifier si sa réponse est logique.

C’est beaucoup plus exigeant que de simplement suivre une explication.

Alloprof souligne d’ailleurs que, dans une situation-problème, la difficulté ne se situe pas toujours dans les calculs eux-mêmes, mais peut également se trouver dans la compréhension de l’énoncé et dans l’élaboration d’une démarche efficace.

Autrement dit : votre enfant peut avoir compris ce que l’enseignant a fait sans encore savoir comment reproduire seul cette démarche.

À l’école, votre enfant bénéficie d’un « guide »… qui disparaît à la maison

Un autre élément est souvent invisible pour les parents.

En classe, l’enfant n’est pas seul devant un problème.

Même lorsqu’il travaille individuellement, il bénéficie d’une structure.

L’enseignant peut :

  • reformuler une consigne;
  • rappeler une notion vue précédemment;
  • donner un exemple;
  • poser une question qui oriente la réflexion;
  • aider l’élève à repérer une erreur.

Ce soutien peut sembler minime, mais il peut avoir une grande importance pour un enfant qui apprend encore à structurer son raisonnement.

À la maison, cette structure disparaît.

Et la première question devient souvent :

« Par où est-ce que je commence? »

C’est pourquoi certains enfants restent longtemps devant leur feuille sans même faire une première tentative.

Ils ne sont pas nécessairement incapables de résoudre le problème.

Ils ne savent parfois tout simplement pas comment amorcer leur démarche.

Alloprof propose justement une approche structurée de résolution de problèmes : lire attentivement, repérer les informations importantes, déterminer ce qui est recherché, établir un plan, résoudre le problème et vérifier la réponse.

Cette démarche rejoint les compétences développées dans le Programme de formation de l’école québécoise, qui amène notamment l’élève à décoder, modéliser, élaborer et valider une solution mathématique.

Après une journée d’école, votre enfant n’est pas toujours dans les mêmes conditions

Il faut également tenir compte d’un facteur très simple : votre enfant vient de passer plusieurs heures à l’école.

Il a dû écouter, se concentrer, retenir de nouvelles informations, interagir avec les autres et passer d’une matière à l’autre.

Lorsqu’il arrive à la maison, il peut avoir besoin de manger, de bouger ou simplement de décrocher quelques instants.

Pour certains enfants, commencer les devoirs immédiatement fonctionne très bien.

Pour d’autres, une courte période de transition peut les aider à retrouver une meilleure disponibilité.

Alloprof recommande notamment de chercher la source précise de la difficulté et reconnaît que les pauses peuvent faire partie de stratégies utiles pendant la période des devoirs, selon les besoins de l’enfant.

Avant de conclure que votre enfant « ne comprend rien », observez donc ce qui se passe.

Demandez-vous :

  • Bloque-t-il dès la première question?
  • Réussit-il mieux après une pause?
  • Comprend-il lorsqu’il vous explique sa démarche à voix haute?
  • Se trompe-t-il toujours à la même étape?
  • Est-ce le problème mathématique ou la lecture de la consigne qui le ralentit?

Ces observations peuvent vous aider à comprendre où se situe réellement le blocage.

Quand les devoirs de mathématiques deviennent une source de stress

Parfois, le problème n’est plus uniquement mathématique.

Après plusieurs expériences difficiles, votre enfant peut commencer ses devoirs en anticipant déjà l’échec.

« Je ne serai pas capable. »

« Je ne suis pas bon en maths. »

« Je vais encore me tromper. »

La frustration prend alors de plus en plus de place.

Le parent veut aider.

L’enfant se sent parfois pressé.

Le parent explique une première fois.

Puis une deuxième.

Puis une troisième.

Et, malgré toutes les bonnes intentions, une dynamique peut s’installer.

Les mathématiques deviennent associées aux tensions, aux larmes ou aux conflits.

C’est pourquoi il peut être utile de sortir momentanément du réflexe : « Je vais lui réexpliquer la matière. »

La vraie question est parfois plutôt :

« De quoi mon enfant a-t-il besoin pour être capable de retrouver lui-même sa démarche? »

Comment aider votre enfant sans faire le devoir à sa place?

Plutôt que de donner immédiatement la réponse, vous pouvez essayer de poser des questions qui ramènent votre enfant vers son propre raisonnement.

Par exemple :

  • Qu’est-ce que tu comprends dans la question?
  • Qu’est-ce qu’on te demande de trouver?
  • Quelles informations connais-tu déjà?
  • Est-ce que cet exercice ressemble à un exemple vu en classe?
  • Quelle pourrait être la première étape?
  • Comment pourrais-tu vérifier ta réponse?

Ces questions s’inscrivent dans une démarche qui encourage l’enfant à comprendre le problème, à organiser l’information et à choisir une stratégie plutôt qu’à attendre immédiatement une réponse.

Le but n’est pas de transformer chaque parent en enseignant.

Votre rôle peut simplement être d’aider votre enfant à réfléchir suffisamment pour qu’il puisse ensuite reprendre le contrôle de sa démarche.

Le tutorat en mathématiques : passer de « je comprends » à « je suis capable »

C’est ici qu’un tutorat en mathématiques personnalisé peut devenir particulièrement pertinent.

Lorsqu’un enfant bloque régulièrement à la maison malgré des explications qui semblaient bien comprises en classe, il est utile d’identifier l’étape précise où son raisonnement s’arrête.

Deux enfants peuvent dire :

« Je ne comprends pas les fractions. »

Mais leurs difficultés peuvent être complètement différentes.

Le premier connaît les règles, mais ne sait pas reconnaître laquelle utiliser.

Le deuxième comprend lorsqu’on lui explique, mais oublie les étapes lorsqu’il travaille seul.

Un troisième peut surtout avoir de la difficulté à comprendre les problèmes écrits.

Un accompagnement individualisé permet de mieux cibler la source du problème plutôt que de simplement refaire toute la matière.

Chez Mon Tuteur, l’objectif du tutorat n’est pas seulement d’aider l’élève à terminer ses devoirs.

Il s’agit aussi de l’amener progressivement à :

  • comprendre son erreur;
  • verbaliser son raisonnement;
  • reconnaître les stratégies utiles;
  • structurer sa démarche;
  • gagner en confiance;
  • devenir plus autonome.

Le but ultime n’est pas que l’élève ait toujours besoin de son tuteur. C’est qu’il ait de moins en moins besoin qu’on lui dise quoi faire.

Une méthode simple que votre enfant peut apprendre à utiliser seul

Pour plusieurs élèves, avoir une démarche répétable peut réduire le sentiment de se retrouver devant une page blanche.

Il peut apprendre à se poser cinq questions :

1. Qu’est-ce que je dois trouver?

Avant de calculer, je prends le temps de comprendre la question.

2. Qu’est-ce que je sais déjà?

Je repère les informations, les données et les indices importants.

3. À quoi cela me fait-il penser?

Est-ce une notion, une formule ou une stratégie que j’ai déjà utilisée?

4. Quelle est ma première étape?

Je ne cherche pas nécessairement la réponse complète. Je commence simplement quelque part.

5. Est-ce que ma réponse est logique?

Je vérifie mon résultat et ma démarche.

Cette façon de procéder correspond à l'idée centrale développée par le ministère de l’Éducation et par les ressources d’Alloprof : résoudre un problème demande une démarche qui va de la compréhension et de l’organisation de l’information jusqu’à l’élaboration et à la validation d’une solution.

Un conseil aux parents : vous n’avez pas besoin de devenir le deuxième enseignant

Lorsqu’on voit son enfant souffrir devant ses devoirs, il est normal de vouloir intervenir.

Mais être parent et enseignant en même temps peut parfois devenir difficile.

Vous êtes émotionnellement impliqué.

Vous savez que votre enfant est capable.

Vous aimeriez que les devoirs soient terminés avant le souper.

Et votre enfant, lui, peut parfois avoir davantage besoin d’être rassuré que de recevoir une nouvelle explication.

Dans certains cas, une autre personne peut réussir à débloquer la situation simplement parce qu’elle présente la même notion autrement.

Ce n’est pas parce que vous avez mal expliqué.

Et ce n’est pas parce que votre enfant ne vous écoute pas.

Les enfants n’apprennent pas tous de la même façon, et il arrive qu’un changement d’approche crée le fameux déclic.

Votre enfant n’a peut-être pas tout oublié

La prochaine fois que votre enfant vous dira :

« Je comprenais à l’école, mais maintenant je ne sais plus quoi faire! »

Essayez de ne pas conclure trop rapidement qu’il n’a pas été attentif.

Il est possible qu’il ait réellement compris l’explication.

Mais entre comprendre lorsqu’une autre personne nous guide et être capable d’agir seul devant un nouveau problème, il y a une étape essentielle : apprendre à organiser son propre raisonnement.

C’est cette compétence qui permet progressivement de passer de :

« Je comprends quand quelqu’un me l’explique. »

à :

« Je sais par où commencer. »

Puis, éventuellement :

« Je suis capable de le faire seul. »

Chez Mon Tuteur, nous croyons qu’un accompagnement efficace ne devrait pas seulement viser la prochaine note ou le prochain devoir.

Il devrait aussi aider l’élève à développer des stratégies, de la confiance et de l’autonomie qui lui serviront bien au-delà d’un exercice de mathématiques.

Parce qu’au fond, l’une des plus belles réussites n’est pas simplement d’obtenir la bonne réponse.

C’est d’entendre son enfant dire : « Attends… je pense que je sais comment faire. Je vais essayer tout seul. »

Références

Alloprof. (2026). Aider son enfant à résoudre une situation-problème en mathématique. Alloprof.

Alloprof. (2026). Comment aider l’enfant qui a des difficultés en mathématiques? Alloprof.

Alloprof. (s. d.). Résoudre une situation-problème – Secondaire 2. Alloprof.

Ministère de l’Éducation du Québec. (s. d.). Programme de formation de l’école québécoise : domaine de la mathématique, de la science et de la technologie – Mathématique. Gouvernement du Québec.


Share this post



← Older Post


Leave a comment

Please note, comments must be approved before they are published.