On pense spontanément à la lecture lorsqu’il est question de préparer un enfant à l’école. Lire une histoire, enrichir son vocabulaire, chanter des comptines : nous savons intuitivement que ces activités contribuent au développement du langage.
Mais qu’en est-il des mathématiques?
Pour plusieurs parents, les mathématiques commencent réellement à l’entrée au primaire, lorsque les enfants apprennent à additionner, soustraire et résoudre leurs premiers problèmes.
En réalité, les premières compétences mathématiques se développent bien avant l’apprentissage formel des opérations. Au préscolaire, un enfant explore déjà les mathématiques lorsqu’il compare deux quantités, classe ses jouets, reconnaît une forme, poursuit une suite logique ou cherche à savoir qui a « le plus » ou « le moins ».
Le Programme-cycle de l’éducation préscolaire du Québec reconnaît d’ailleurs plusieurs de ces apprentissages, notamment le dénombrement, la comparaison, le classement, les formes géométriques, le repérage dans l’espace, les mesures et les régularités.
Chez Mon Tuteur, nous croyons donc que l’éveil mathématique ne consiste pas à faire des exercices de niveau primaire avec un enfant de quatre ou cinq ans. Il s’agit plutôt de profiter des situations de la vie quotidienne pour développer progressivement sa pensée mathématique.
Pourquoi développer les compétences mathématiques dès le préscolaire?
Les recherches montrent que les premières compétences en mathématiques sont associées aux apprentissages mathématiques ultérieurs. Une étude longitudinale a notamment montré que les compétences mathématiques mesurées avant l’entrée à l’école étaient liées aux résultats en mathématiques jusqu’à l’adolescence, même après avoir tenu compte de certaines autres caractéristiques cognitives et familiales.
D’autres travaux indiquent que les compétences précoces liées au nombre, au dénombrement et aux relations entre les quantités peuvent contribuer à prédire les apprentissages mathématiques des années suivantes.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un enfant doit être capable de faire des calculs complexes avant son entrée au primaire.
L’objectif est plutôt de lui permettre de développer progressivement des concepts qui serviront de fondation aux apprentissages futurs.
Le plus important : comprendre plutôt que mémoriser
Réciter « 1, 2, 3, 4, 5 » est une première étape. Comprendre que le dernier nombre prononcé lorsqu’on compte représente la quantité totale d’objets en est une autre.
De la même façon, reconnaître visuellement trois objets, comparer deux collections ou comprendre qu’il reste moins de biscuits après en avoir mangé un sont déjà des expériences mathématiques significatives.
Le jeune enfant apprend particulièrement bien lorsqu’il peut manipuler, observer, comparer et expérimenter.
Que signifie réellement « faire des mathématiques » au préscolaire?
Les mathématiques du quotidien sont beaucoup plus nombreuses qu’on pourrait le croire. Voici quatre domaines particulièrement intéressants à explorer avec votre enfant.
1. Compter et développer le sens du nombre
Le sens du nombre va bien au-delà de la capacité à réciter une suite de nombres.
Vous pouvez demander à votre enfant :
« Combien avons-nous de pommes? »
« Peux-tu me donner trois blocs? »
« Est-ce qu’il y a plus de voitures rouges ou de voitures bleues? »
« Si nous avons quatre biscuits et que j’en prends un, combien en reste-t-il? »
Ces petites questions permettent à l’enfant de faire le lien entre les nombres et les quantités réelles.
Le ministère de l’Éducation inclut d’ailleurs, parmi les exemples d’observations au préscolaire, le dénombrement, la comparaison de collections et la compréhension de notions comme « plus que », « moins que » et « autant ».
2. Trier, classer et comparer
Le rangement des jouets peut devenir une activité mathématique étonnamment riche.
Demandez à votre enfant de regrouper :
- les blocs selon leur couleur;
- les voitures selon leur taille;
- les objets selon leur forme;
- les vêtements selon leur type.
Puis augmentez progressivement la difficulté :
« Peux-tu trouver les objets qui sont à la fois rouges et petits? »
Ces activités développent la capacité à observer des caractéristiques, à comparer des objets et à établir des catégories.
Il ne s’agit pas simplement de « jouer à ranger ». L’enfant apprend à organiser l’information selon certaines propriétés.
3. Explorer les formes et l’espace
La géométrie commence bien avant les définitions de carré, de rectangle ou de triangle.
Dans la maison, demandez à votre enfant de repérer les formes qu’il reconnaît :
« Quelle forme ressemble à cette assiette? »
« Peux-tu trouver quelque chose qui ressemble à un rectangle? »
Les blocs, les casse-têtes et les jeux de construction sont également très intéressants.
Le Programme de formation du Québec souligne l’importance de manipuler des objets, de reconnaître et de décrire des formes géométriques et de développer le repérage dans l’espace au préscolaire.
Les compétences spatiales sont particulièrement intéressantes, puisqu’elles sont également associées au développement mathématique chez les jeunes enfants.
4. Reconnaître les régularités et les motifs
Un motif peut être aussi simple que :
🔵 🔴 🔵 🔴
Demandez :
« Quelle couleur vient ensuite? »
Vous pouvez créer des suites avec des blocs, des perles, des crayons ou même des mouvements :
clap – saut – clap – saut.
L’enfant apprend alors à observer une régularité et à prédire ce qui vient ensuite.
Les activités portant sur les régularités font d’ailleurs partie des expériences mathématiques proposées dans le programme québécois du préscolaire.
5 façons simples d’intégrer les mathématiques dans votre quotidien
Vous n’avez pas besoin de matériel spécialisé pour stimuler la pensée mathématique de votre enfant.
1. Faites participer votre enfant à la cuisine
Mesurez les ingrédients ensemble.
« Nous avons besoin de deux tasses. Combien en avons-nous déjà? »
Vous pouvez également comparer les quantités, parler de la taille des contenants ou observer ce qui change lorsqu’on ajoute ou retire un ingrédient.
2. Transformez les déplacements en jeu
Dans la voiture ou en promenade :
« Combien de voitures rouges vois-tu? »
« Quelle maison est la plus grande? »
« Combien de marches devons-nous monter? »
L’objectif n’est pas d’interroger constamment votre enfant, mais de saisir naturellement les occasions qui se présentent.
3. Jouez à des jeux de société
Les jeux avec des dés, des cases ou des collections permettent de travailler le dénombrement, la comparaison, les quantités et les stratégies.
Un jeu simple peut devenir une excellente occasion de réfléchir :
« Tu as obtenu 4. De combien de cases dois-tu avancer? »
4. Faites des constructions
Avec des blocs, demandez :
« Peux-tu construire une tour plus haute que celle-ci? »
« Combien de blocs avons-nous utilisés? »
« Que devons-nous faire pour qu'elle soit plus stable? »
L’enfant travaille ainsi les notions de quantité, de mesure, de comparaison et d’espace.
5. Laissez votre enfant chercher
C’est probablement le conseil le plus important.
Si votre enfant vous demande :
« Combien ça fait? »
résistez parfois à l’envie de donner immédiatement la réponse.
Demandez plutôt :
« Qu’est-ce que tu pourrais faire pour le découvrir? »
Cette approche encourage la réflexion et montre à l’enfant que les mathématiques ne consistent pas uniquement à trouver rapidement la bonne réponse.
Faut-il commencer le tutorat en mathématiques dès le préscolaire?
Pas nécessairement.
Pour la majorité des enfants, l’éveil mathématique peut parfaitement s’intégrer aux jeux et aux routines familiales.
Le rôle du parent n’est pas de transformer la maison en salle de classe.
Il est plutôt de créer des occasions d’explorer, de poser des questions et de réfléchir.
Cela dit, certains enfants peuvent avoir besoin d'un accompagnement plus personnalisé. Une difficulté persistante à comprendre les quantités, à comparer des objets, à reconnaître certaines formes ou à suivre des régularités peut être une raison de demeurer attentif et d’en discuter avec les professionnels qui accompagnent l’enfant.
Une intervention précoce ne signifie pas mettre de la pression sur un enfant. Elle peut simplement permettre d’adapter les activités et de lui offrir davantage d'occasions de comprendre à son propre rythme.
Chez Mon Tuteur, notre approche du tutorat en mathématiques repose justement sur la compréhension, l’adaptation au rythme de l’enfant et le développement progressif de son autonomie.
L’objectif n’est pas d’aller plus vite, mais de construire de bonnes bases
L’éveil mathématique ne consiste pas à faire apprendre à un enfant de quatre ans ce qu’un élève de première année doit savoir.
Il s’agit plutôt de lui permettre de découvrir que les mathématiques font partie de son quotidien.
Compter des fruits, classer des jouets, construire une tour, reconnaître une forme, comparer deux objets ou poursuivre une suite sont de petites expériences qui contribuent à développer sa pensée mathématique.
Les recherches disponibles montrent que les compétences mathématiques précoces sont liées aux apprentissages ultérieurs. Cela renforce l’intérêt de proposer aux jeunes enfants des expériences riches, concrètes et adaptées à leur développement.
Surtout, il n’est pas nécessaire de transformer ces moments en leçons.
Le jeu, la conversation et la curiosité sont déjà de puissants outils d’apprentissage.
Chez Mon Tuteur, nous croyons que la réussite scolaire se construit progressivement. Donner à un enfant l’occasion de réfléchir, d’essayer, de se tromper et de chercher une solution, c’est déjà l’aider à développer les bases dont il aura besoin pour apprendre les mathématiques avec confiance.
Sources et références
Alloprof. (2026, 6 juillet). Résolution de problèmes en mathématiques. Alloprof Parents.
Gouvernement du Québec, ministère de l’Éducation. (2026). Programme-cycle de l’éducation préscolaire.
Gouvernement du Québec, ministère de l’Éducation. (2026). Programme de mathématique au primaire.
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