Mon enfant est fort en français mais faible en maths : pourquoi ? – Mon-Tuteur.ca

Mon enfant est fort en français mais faible en maths : pourquoi ?

Publié par Pénélope Venskus le

Mon enfant est fort en français mais faible en maths : pourquoi ?

Votre enfant lit avec facilité. Il écrit de beaux textes. Son vocabulaire est riche. Il comprend rapidement les nuances d’un texte et peut défendre son opinion avec pertinence.

Puis arrive le bulletin de mathématiques.

La différence peut être difficile à comprendre.

Comment un élève qui semble intelligent, curieux et performant dans une matière peut-il éprouver autant de difficultés dans une autre?

Vous vous demandez peut-être :

« Est-ce que mon enfant est simplement plus littéraire que scientifique? »

« Est-ce qu’il n’a pas le raisonnement nécessaire pour les mathématiques? »

« Pourquoi comprend-il des textes complexes, mais bloque-t-il devant un problème de mathématiques? »

La bonne nouvelle, c’est que réussir en français et éprouver des difficultés en mathématiques n’est pas une contradiction. Et surtout, cela ne signifie pas que votre enfant est « incapable » de réussir en mathématiques.

Dans de nombreux cas, le problème ne vient pas d’un manque d’intelligence ou d’un cerveau prétendument « littéraire ». Il peut plutôt être lié à la façon dont l’élève aborde les problèmes, à certaines lacunes accumulées au fil des années, à la compréhension du langage mathématique, à la rigueur de sa démarche ou encore à sa confiance en lui.

Au Québec, le Programme de formation de l’école québécoise présente d’ailleurs la mathématique comme une discipline qui mobilise le raisonnement, la résolution de problèmes et la capacité à utiliser différents concepts et processus dans des situations variées. Les mathématiques ne se résument donc pas à être « bon avec les chiffres ».

Chez Mon Tuteur, nous accompagnons régulièrement des élèves qui obtiennent d’excellents résultats en français, mais qui se sentent complètement dépassés en mathématiques.

La question n’est donc pas nécessairement : « Pourquoi mon enfant n’est-il pas bon en maths? »

Une meilleure question serait plutôt :

« Qu’est-ce qui bloque entre ses capacités réelles et sa façon actuelle d’aborder les mathématiques? »

Être fort en français ne signifie pas automatiquement être faible en mathématiques

Il est important de commencer par déconstruire une idée très répandue : celle selon laquelle certains enfants seraient naturellement « faits pour les lettres » et d’autres « faits pour les chiffres ».

Bien sûr, chaque élève possède ses intérêts, ses forces et ses préférences. Certains aiment davantage lire, écrire et analyser des textes. D’autres apprécient les problèmes, les sciences ou les raisonnements abstraits.

Mais une préférence pour le français ne détermine pas automatiquement les capacités mathématiques d’un élève.

Un jeune peut avoir une excellente compréhension de lecture et éprouver des difficultés avec les fractions. Il peut écrire une dissertation remarquable, mais commettre constamment des erreurs de signes en algèbre. Il peut analyser avec finesse les intentions d’un personnage, tout en ne sachant pas comment commencer une situation-problème.

Cela ne signifie pas qu’il manque de capacités.

Cela signifie souvent que les stratégies qui lui permettent de réussir facilement en français ne sont pas nécessairement celles dont il a besoin en mathématiques.

Et c’est là que la situation devient particulièrement intéressante.

Le français et les mathématiques ne sollicitent pas toujours les mêmes stratégies

Un élève qui réussit bien en français peut parfois s’appuyer sur une grande variété de connaissances acquises naturellement au fil du temps.

Il lit.

Il écoute.

Il discute.

Il entend des mots et des phrases chaque jour.

Il développe progressivement un vocabulaire et une compréhension intuitive de nombreuses structures de la langue.

Même lorsqu’il ne connaît pas parfaitement une règle de grammaire, il peut parfois reconnaître qu’une phrase « sonne étrange ».

En mathématiques, la situation est souvent différente.

Les apprentissages sont fortement liés entre eux.

Une difficulté avec les fractions peut compliquer l’apprentissage des expressions algébriques.

Une compréhension fragile des nombres négatifs peut créer des erreurs dans plusieurs chapitres.

Une faiblesse dans la manipulation des équations peut devenir un obstacle lorsqu’on aborde les fonctions.

Autrement dit, les mathématiques sont souvent cumulatives.

Une petite lacune peut sembler anodine pendant plusieurs mois, puis devenir beaucoup plus visible lorsque les nouvelles notions exigent de réutiliser les anciennes.

C’est pourquoi un élève très compétent dans plusieurs matières peut soudainement avoir l’impression de « ne rien comprendre » en mathématiques.

Il n’est pas nécessairement moins capable.

Il lui manque peut-être simplement une pièce importante du casse-tête.

Alloprof recommande d’ailleurs de chercher à identifier précisément la source des difficultés plutôt que de conclure rapidement qu’un élève est simplement « mauvais en mathématiques ». Les difficultés peuvent notamment être liées à la compréhension, aux connaissances de base ou encore à l’organisation de la démarche.

Le vrai problème est parfois… le langage

Cela peut sembler surprenant, mais un élève fort en français peut tout de même avoir de la difficulté avec le langage des mathématiques.

Prenons un exemple.

Votre enfant peut parfaitement comprendre un roman de 300 pages.

Mais devant une situation-problème, il peut avoir de la difficulté à déterminer :

• quelles informations sont importantes;

• ce qu’il doit réellement trouver;

• quelles données sont inutiles;

• quelle notion mathématique doit être utilisée;

• comment transformer une situation écrite en équation ou en représentation mathématique.

Le problème n’est alors pas nécessairement le calcul.

Le problème se situe parfois avant même que le calcul commence.

Alloprof souligne d’ailleurs que la difficulté à résoudre une situation-problème ne réside pas toujours dans les calculs eux-mêmes, mais peut plutôt concerner la compréhension de l’énoncé et la capacité à amorcer une démarche efficace. La stratégie proposée comprend notamment la lecture du problème, l’identification des informations importantes, la détermination de la réponse recherchée et l’établissement d’un plan de résolution.

C’est pourquoi un élève peut dire :

« Je comprends la matière, mais je ne comprends jamais les problèmes. »

Cette phrase est extrêmement importante.

Elle indique souvent que l’élève ne doit pas simplement refaire davantage d’exercices. Il doit apprendre à faire le pont entre le texte et les mathématiques.

Un élève fort en français possède déjà une force précieuse : il sait donner du sens

Voici une bonne nouvelle pour les parents.

Les compétences développées en français peuvent devenir de véritables alliées en mathématiques.

Un élève qui possède une bonne compréhension de lecture peut apprendre à utiliser cette force pour :

• reformuler un problème dans ses propres mots;

• identifier ce qui se passe dans la situation;

• distinguer les informations essentielles des informations secondaires;

• expliquer son raisonnement;

• justifier sa réponse;

• détecter une réponse qui semble incohérente.

L’important est de lui montrer que les mathématiques ne sont pas simplement une succession de chiffres et de symboles.

Un problème mathématique raconte souvent une situation.

Il y a des informations.

Il y a une relation entre ces informations.

Il y a une question à résoudre.

Et il faut construire une démarche logique pour arriver à une conclusion.

Une stratégie particulièrement intéressante consiste donc à demander à l’élève :

« Peux-tu me raconter avec tes propres mots ce que le problème te demande? »

S’il n’arrive pas à répondre, il n’est probablement pas encore prêt à commencer ses calculs.

Cette approche rejoint les stratégies de résolution proposées par Alloprof, qui mettent notamment l’accent sur la lecture, l’identification des informations importantes, la détermination de la réponse recherchée et la planification de la démarche.

Le piège de l’étiquette : « Je suis juste pas bon en maths »

C’est probablement l’un des obstacles les plus importants.

Après plusieurs expériences difficiles, un élève peut commencer à construire une identité autour de ses difficultés.

Il ne dit plus :

« J’ai de la difficulté avec les fonctions. »

Il dit :

« Je suis mauvais en maths. »

La différence est énorme.

Dans le premier cas, il existe un problème précis que l’on peut travailler.

Dans le deuxième, la difficulté devient une caractéristique de son identité.

Et lorsqu’un adolescent est convaincu qu’il est naturellement incapable de comprendre les mathématiques, chaque nouvelle difficulté semble confirmer cette croyance.

Il rencontre un problème difficile.

Il bloque.

Il se dit : « Évidemment, je suis nul. »

Il abandonne plus rapidement.

Il pratique moins efficacement.

Ses résultats diminuent.

Et cette baisse de résultats vient renforcer son impression qu’il n’est pas capable.

Le cycle est alors difficile à briser.

C’est pourquoi il est préférable d’éviter les phrases comme :

« Dans la famille, on n’a jamais été bons en maths. »

« Tu es clairement plus littéraire. »

« Moi non plus, je n’ai jamais compris ça. »

Même si elles sont dites avec humour ou sans mauvaise intention, elles peuvent confirmer l’idée qu’il existe deux catégories de personnes : celles qui sont naturellement bonnes en mathématiques et celles qui ne le seront jamais.

Il est beaucoup plus utile de parler d’une difficulté précise et temporaire.

Par exemple :

« On dirait que les problèmes te demandent beaucoup d’efforts en ce moment. Essayons de comprendre ce qui bloque. »

Ou :

« Tu réussis certains exercices, mais tu sembles avoir plus de difficulté à choisir la bonne méthode. On peut travailler là-dessus. »

Cette nuance peut changer complètement la façon dont votre enfant perçoit ses capacités.

La rigueur mathématique peut être particulièrement frustrante pour certains élèves

Un autre élément peut expliquer le décalage entre le français et les mathématiques : la relation de l’élève avec la précision.

En rédaction, il existe souvent différentes façons d’exprimer une idée.

Un texte peut être amélioré, reformulé ou enrichi.

Deux élèves peuvent produire des textes très différents tout en obtenant de bons résultats.

En mathématiques, certaines étapes demandent une grande rigueur.

Une erreur de signe.

Une mauvaise opération.

Une parenthèse oubliée.

Une étape sautée.

Et le résultat final peut être complètement différent.

Pour un élève habitué à avancer rapidement grâce à sa compréhension globale, cette exigence peut devenir frustrante.

Il peut avoir tendance à :

• sauter des étapes;

• faire plusieurs calculs dans sa tête;

• écrire trop peu de traces;

• aller trop vite;

• négliger la vérification.

Il comprend peut-être le concept.

Mais sa méthode de travail l’empêche de démontrer correctement cette compréhension.

C’est particulièrement fréquent chez certains adolescents qui ont longtemps réussi sans avoir besoin de développer une méthode de travail très structurée.

Puis, au secondaire, les notions deviennent plus complexes.

Et soudainement, « comprendre dans sa tête » ne suffit plus toujours.

Il faut organiser.

Structurer.

Justifier.

Vérifier.

C’est une compétence qui s’apprend.

Votre enfant comprend-il réellement la matière… ou reconnaît-il simplement les exercices?

Voici une distinction très importante.

Un élève peut réussir plusieurs exercices lorsqu’ils ressemblent exactement à ceux vus en classe.

Mais lorsqu’on change légèrement le contexte, il bloque.

Pourquoi?

Parce qu’il a peut-être appris à reconnaître une procédure, plutôt qu’à comprendre quand et pourquoi l’utiliser.

C’est particulièrement visible dans les situations-problèmes.

Alloprof propose notamment une démarche qui invite l’élève à analyser la situation avant de se lancer dans les calculs : lire attentivement, sélectionner les informations pertinentes, identifier ce qui est recherché et établir un plan.

Pour un parent, une bonne question à poser peut être :

« Comment sais-tu que cette méthode est la bonne? »

Cette question est souvent plus utile que :

« Quelle est la réponse? »

Si votre enfant est capable d’expliquer pourquoi il utilise une formule ou une stratégie, sa compréhension est probablement plus solide.

S’il répond :

« Parce que c’est comme ça qu’on fait celui-là »,

il y a peut-être un travail à faire sur la compréhension du raisonnement.

Comment aider un enfant fort en français, mais faible en mathématiques?

La première chose à éviter est de vouloir immédiatement lui faire refaire 50 exercices.

Avant d’augmenter la quantité de travail, il est préférable d’identifier la nature exacte de la difficulté.

Voici quelques questions utiles.

Est-ce qu’il comprend les explications lorsqu’on lui présente un exemple?

Si oui, le problème peut être lié au transfert des connaissances.

Votre enfant comprend lorsqu’on lui montre quoi faire, mais ne sait pas comment commencer seul.

Dans ce cas, il faut progressivement réduire l’aide et l’encourager à expliquer sa démarche.

Est-ce qu’il comprend la théorie, mais bloque devant les problèmes?

Il peut s’agir d’une difficulté liée à l’interprétation de l’énoncé ou au choix de la stratégie.

La compréhension de texte devient alors une force qu’il faut apprendre à transférer vers les mathématiques.

Est-ce qu’il commet beaucoup d’erreurs d’inattention?

Le problème peut être méthodologique.

Votre enfant pourrait bénéficier d’une structure claire qui l’oblige à écrire davantage d’étapes et à vérifier son travail.

Est-ce que ses difficultés concernent toujours les mêmes notions?

Dans ce cas, il peut y avoir une lacune précise qui n’a jamais été complètement consolidée.

Revenir à la base peut être beaucoup plus efficace que de répéter indéfiniment les exercices du chapitre actuel.

Alloprof recommande justement de chercher la source des difficultés afin de pouvoir mettre en place une stratégie adaptée aux besoins réels de l’élève.

Une stratégie simple : utiliser les forces de votre enfant pour travailler ses faiblesses

Si votre enfant est fort en français, essayez de transformer certaines tâches mathématiques en exercice de communication.

Demandez-lui :

« Explique-moi ce problème comme si je n’avais jamais vu cette matière. »

Ou encore :

« Qu’est-ce que tu sais déjà? »

« Qu’est-ce que tu cherches? »

« Quelles informations sont importantes? »

« Quelle serait la première étape logique? »

« Comment peux-tu vérifier si ta réponse est réaliste? »

L’objectif n’est pas que vous deveniez professeur de mathématiques.

Votre rôle peut simplement être d’aider votre enfant à ralentir et à organiser sa pensée.

Les démarches de résolution proposées par Alloprof accordent elles aussi une grande importance à l’identification des informations pertinentes, à la planification et à la validation de la réponse.

La force en français peut devenir un avantage en mathématiques

C’est probablement l’idée la plus importante à retenir.

Votre enfant n’a pas besoin de devenir une autre personne pour mieux réussir en mathématiques.

Il n’a pas besoin de cesser d’être créatif, verbal ou passionné par les mots.

Il peut utiliser ses forces actuelles pour développer de nouvelles compétences.

Sa capacité à comprendre un texte peut l’aider à décoder un problème.

Son vocabulaire peut l’aider à comprendre les consignes.

Sa capacité d’analyse peut l’aider à identifier les relations entre différentes informations.

Son habileté à argumenter peut l’aider à justifier une démarche.

Sa capacité à raconter une histoire peut même l’aider à donner du sens à une situation mathématique.

L’objectif n’est donc pas de transformer un élève « littéraire » en mathématicien.

L’objectif est de lui montrer que les compétences qu’il possède déjà peuvent devenir des outils pour apprendre autrement.

Quand le tutorat peut-il faire une réelle différence?

Parfois, malgré toute votre bonne volonté, vous constatez que votre enfant reste bloqué.

Les devoirs deviennent une source de tension.

Il perd confiance.

Vous avez l’impression de toujours recommencer les mêmes explications.

Ou vous ne savez tout simplement pas où se situe le problème.

C’est à ce moment qu’un accompagnement personnalisé peut être particulièrement utile.

Un bon accompagnement ne devrait pas simplement consister à reprendre le cahier et à expliquer une deuxième fois exactement la même chose.

Il devrait chercher à comprendre :

Que maîtrise déjà l’élève?

À quel moment son raisonnement bloque-t-il?

Est-ce un problème de compréhension, de méthode, de connaissances antérieures ou de confiance?

Comment utiliser ses forces pour l'aider à progresser?

Chez Mon Tuteur, nous croyons que chaque élève possède un profil d’apprentissage différent.

Pour un jeune fort en français, mais en difficulté en mathématiques, il peut être particulièrement pertinent de partir de ce qu’il fait déjà bien.

On peut l’aider à verbaliser son raisonnement.

À raconter le problème dans ses propres mots.

À structurer ses étapes.

À comprendre le vocabulaire mathématique.

À ralentir lorsqu’il a tendance à aller trop vite.

Et, surtout, à réaliser que ses difficultés actuelles ne définissent pas ses capacités futures.

Si votre enfant a besoin d’un accompagnement personnalisé pour consolider ses bases, développer de meilleures stratégies ou reprendre confiance, découvrez notre service de tutorat en mathématiques.

Votre enfant n’est peut-être pas « mauvais en maths ». Il n’a peut-être simplement pas encore trouvé la bonne stratégie.

Recevoir un bulletin avec 90 % en français et 60 % en mathématiques peut être frustrant.

Surtout lorsque vous savez que votre enfant est intelligent.

Mais cette différence ne doit pas automatiquement être interprétée comme une limite permanente.

Les mathématiques demandent des stratégies spécifiques.

Elles reposent sur des connaissances qui se construisent progressivement.

Elles exigent de comprendre un langage particulier, d’organiser son raisonnement et de développer une certaine rigueur.

Toutes ces compétences peuvent être travaillées.

La prochaine fois que votre enfant vous dira :

« Je suis bon en français, mais je suis nul en maths »,

vous pouvez peut-être lui répondre :

« Tu es peut-être simplement en train d’apprendre une nouvelle façon de réfléchir. Et ça, ça se travaille. »

Parce qu’au fond, le but n’est pas que votre enfant devienne excellent dans toutes les matières du jour au lendemain.

Le véritable objectif est qu’il cesse de croire que ses difficultés actuelles définissent ce qu’il sera capable de faire demain.

Références

Alloprof. (2026). Aider son enfant à résoudre une situation-problème en mathématique. Consulter la ressource

Alloprof. (2026). Comment aider l’enfant qui a des difficultés en mathématiques? Consulter la ressource

Alloprof. (s. d.). Résoudre une situation-problème – Secondaire 4. Consulter la ressource

Alloprof. (s. d.). Répertoire de révision : Mathématiques – Secondaire 1 et 2. Consulter la ressource

Ministère de l’Éducation du Québec. (s. d.). Programme de formation de l’école québécoise : Mathématique. Consulter le programme de formation


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