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Mon enfant termine l’année avec des difficultés : faut-il intervenir cet été?

Posted by Pénélope Venskus on

Mon enfant termine l’année avec des difficultés : faut-il intervenir cet été?

La fin de l’année scolaire suscite souvent un mélange d’émotions chez les parents : soulagement, fierté, fatigue… mais aussi parfois de l’inquiétude. Malgré les efforts déployés tout au long de l’année, certains enfants terminent leur parcours scolaire avec des difficultés persistantes en lecture, en écriture, en mathématiques ou en organisation. Plusieurs parents se demandent alors s’il est préférable de laisser leur enfant « décrocher » complètement pendant l’été ou, au contraire, d’intervenir afin d’éviter que les difficultés s’accentuent à la rentrée.

La réponse se situe généralement dans la nuance. L’été n’a pas besoin de devenir une prolongation de l’école, mais il peut représenter une occasion précieuse de consolider certains acquis, de reprendre confiance et de réduire le stress lié à la prochaine année scolaire.

Pourquoi certains enfants semblent-ils plus fragiles en fin d’année scolaire?

Dès le mois de mai, plusieurs élèves présentent des signes de fatigue cognitive et émotionnelle. Après des mois d’efforts soutenus, le cerveau peut avoir plus de difficulté à maintenir le même niveau d’attention, de motivation et de performance.

Chez les enfants présentant des difficultés d’apprentissage ou certaines fragilités scolaires, cette période peut rendre les défis encore plus visibles :

  • lenteur en lecture;
  • erreurs fréquentes en écriture;
  • difficulté à retenir certaines notions;
  • baisse de motivation;
  • évitement des devoirs;
  • anxiété face aux examens;
  • perte de confiance en soi.

Selon la littérature scientifique, les difficultés scolaires prolongées peuvent avoir un impact important sur l’estime personnelle et le sentiment de compétence de l’enfant (Bandura, 1997). Lorsqu’un élève accumule les échecs ou les expériences négatives à l’école, il peut progressivement développer la perception qu’il n’est « pas bon » à l’école, même lorsque ses capacités intellectuelles sont tout à fait adéquates.

C’est pourquoi il est important de ne pas banaliser certaines difficultés persistantes, particulièrement lorsqu’elles touchent les apprentissages fondamentaux comme la lecture et l’écriture.

L’été : une période à risque pour certains élèves

Plusieurs études démontrent que les vacances estivales peuvent entraîner une perte d’acquis scolaires, particulièrement chez les élèves déjà vulnérables académiquement. Ce phénomène est souvent appelé le summer learning loss ou « glissade de l'été ».

Une méta-analyse importante réalisée par Cooper et ses collègues (1996) a démontré que plusieurs élèves perdent une partie des apprentissages réalisés durant l’année scolaire pendant les vacances d’été, notamment en lecture et en mathématiques. Les impacts seraient encore plus marqués chez les élèves présentant des difficultés scolaires ou provenant d’environnements moins stimulants sur le plan académique.

Cela ne signifie pas qu’un enfant doit faire des cahiers d’exercices plusieurs heures par jour pendant l’été. Toutefois, une stimulation légère, régulière et adaptée peut contribuer à préserver certains acquis et faciliter la transition vers l’année suivante.

Comment savoir si une intervention estivale serait pertinente?

Certaines situations méritent davantage une intervention durant l’été, notamment lorsque l’enfant :

  • présente des difficultés importantes en lecture ou en écriture;
  • a terminé l’année avec des résultats fragiles;
  • manifeste une baisse importante de confiance en soi;
  • vit beaucoup de frustration face à l’école;
  • commencera une année charnière à l’automne;
  • présente un trouble d’apprentissage ou un TDAH;
  • risque d’accumuler davantage de retard scolaire.

L’objectif n’est pas nécessairement de « rattraper toute l’année », mais plutôt de consolider certaines bases essentielles afin de permettre une rentrée plus sereine.

Dans plusieurs cas, quelques séances ciblées peuvent suffire à maintenir les acquis et à éviter une détérioration plus importante des apprentissages.

Faut-il choisir du tutorat ou de l’orthopédagogie?

Plusieurs parents hésitent entre un service de tutorat et un service d’orthopédagogie. Bien que les deux approches puissent être complémentaires, elles répondent à des besoins différents.

Le tutorat vise généralement :

  • la consolidation des notions scolaires;
  • l’aide aux devoirs;
  • la préparation à l’année suivante;
  • le soutien dans certaines matières spécifiques;
  • le développement des méthodes de travail.

L’orthopédagogie, quant à elle, s’adresse davantage aux élèves présentant :

  • des difficultés d’apprentissage persistantes;
  • un trouble d’apprentissage;
  • des enjeux importants en lecture, écriture ou mathématiques;
  • des besoins particuliers nécessitant des interventions spécialisées.

L’orthopédagogue utilise des stratégies d’intervention adaptées au profil de l’élève et peut travailler plus spécifiquement les fonctions cognitives impliquées dans les apprentissages.

Comment intervenir sans surcharger son enfant?

L’une des principales préoccupations des parents concerne le risque de « gâcher l’été » de leur enfant. Pourtant, une intervention estivale bien dosée n’a généralement rien à voir avec une journée complète d’école.

Les recherches en motivation démontrent que les enfants apprennent davantage lorsqu’ils se sentent compétents, soutenus et autonomes (Deci & Ryan, 2000). Ainsi, les interventions estivales les plus efficaces sont souvent :

  • courtes;
  • positives;
  • adaptées au rythme de l’enfant;
  • axées sur les réussites;
  • intégrées à une routine équilibrée.

Par exemple :

  • lire quelques minutes par jour;
  • travailler certaines stratégies en lecture;
  • faire des jeux éducatifs;
  • écrire de petits textes;
  • réaliser une ou deux séances de tutorat par semaine;
  • maintenir une exposition régulière aux apprentissages.

L’objectif principal devrait être de préserver le lien positif avec l’apprentissage plutôt que de créer une pression supplémentaire.

La confiance en soi : un élément souvent oublié

Lorsqu’un enfant vit des difficultés scolaires, les impacts dépassent souvent les simples résultats académiques. Plusieurs élèves développent progressivement :

  • de l’anxiété;
  • un sentiment d’incompétence;
  • une faible motivation;
  • de l’évitement scolaire.

Selon Hattie (2009), le sentiment d’efficacité personnelle et la relation positive avec l’apprentissage jouent un rôle majeur dans la réussite scolaire à long terme.

Ainsi, l’été peut devenir une occasion particulièrement intéressante pour :

  • redonner confiance à l’enfant;
  • travailler dans un contexte moins stressant;
  • valoriser ses forces;
  • lui permettre de vivre des réussites.

Plusieurs enfants progressent davantage durant l’été simplement parce que le climat est plus calme et moins anxiogène qu’en pleine année scolaire.

Une approche préventive plutôt qu’une approche de crise

Attendre que les difficultés deviennent trop importantes peut parfois rendre les interventions plus longues et plus complexes à l’automne. Une approche préventive permet souvent :

  • de réduire l’écart scolaire;
  • d’éviter une accumulation des retards;
  • de favoriser une meilleure rentrée;
  • de diminuer le stress familial.

Dans certains cas, quelques semaines d’accompagnement ciblé durant l’été peuvent faire une différence significative sur le niveau de préparation de l’enfant pour l’année suivante.

Cependant, lorsqu’un enfant termine l’année avec des difficultés importantes, une légère stimulation estivale peut être une stratégie préventive et bienveillante plutôt qu’une charge inutile. L’objectif n’est pas de transformer les vacances en école d’été intensive. Il s’agit plutôt d’offrir à l’enfant des conditions favorables pour renforcer ses acquis, maintenir sa confiance et commencer la prochaine année scolaire avec plus de sécurité. Un soutien positif, adapté et respectueux du rythme de l’enfant peut faire toute la différence, tant sur le plan académique qu’émotionnel.

 

Références

Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W.H. Freeman.

Cooper, H., Nye, B., Charlton, K., Lindsay, J., & Greathouse, S. (1996). The effects of summer vacation on achievement test scores: A narrative and meta-analytic review. Review of Educational Research, 66(3), 227–268. https://doi.org/10.3102/00346543066003227

Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The “what” and “why” of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01

Hattie, J. (2009). Visible learning: A synthesis of over 800 meta-analyses relating to achievement. Routledge.


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